Un phénomène qui est loin d’être marginal. Bien qu’ayant toujours existé, le célibat prend ces dernières années des formes qui en font l’un des axes majeurs du changement de notre société. La «vie en solo», quand elle est choisie, s’appuie sur les notions nouvelles «d’être soi-même» et de «maîtrise de son existence». Le célibataire s’interroge fondamentalement sur la possibilité de vivre bien à deux.
On peut expliquer cette nouvelle attitude vis à vis de la vie de couple par l’essor de l’individualisme. Mais attention, ce n’est pas une notion négative qui correspondrait à un repli sur soi. Il faut le comprendre comme le phénomène qui caractérise la modernité : on décide soi même pour sa vie, on maîtrise son avenir. La question qui revient le plus souvent est : « Comment s’abandonner au travers du couple sans se perdre soi-même ? ». Il ne s’agit pas de dire que les jeunes générations de veulent plus du couple, au contraire. Le désir de vivre à deux est important, mais le modèle de vie à deux a changé.
Quelles sont, de ce point de vue, les différences entre les hommes et les femmes ? il y a à peu près autant de femmes que d’hommes célibataires. Mais les hommes célibataires sont souvent jeunes. La courbe s’inverse autour de 35-40 ans. Alors que les hommes « s’installent », les femmes renouent avec la « vie en solo » qu’elles avaient connue à la sortie de l’adolescence. Ceci est principalement dû au rapport différent que les femmes entretiennent avec le temps.
L’horloge biologique les incite à avoir des enfants avant la quarantaine. Ce n’est bien sûr pas le cas des hommes. C’est ainsi que beaucoup d’entre eux « tournent la page » de la « vie en solo » vers 40 - 50 ans quand les femmes en sont à leur premier divorce. Ainsi, contrairement aux femmes, pour les hommes la situation devient plus favorables avec l’âge.
Par ailleurs, hommes et femmes célibataires n’appartiennent généralement pas au même milieu social. Les femmes célibataires sont souvent des citadines sur-diplômées. Les hommes dans cette situation sont souvent des ruraux ou en échec social.
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